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Le 12 avril 2013

Enrichir la nature

Un muret marque le départ du sentier fleuri... (Photo fournie par Myke Hodgins)

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Un muret marque le départ du sentier fleuri menant au ruisseau.

Photo fournie par Myke Hodgins

«Le rôle de l'architecte paysagiste consiste à réaliser les rêves, énonce Myke Hodgins, propriétaire de Hodgins&Associés. Il crée une ambiance afin de faire naître une émotion. Il interprète les besoins du propriétaire et va au-delà de sa vision. J'aime surprendre le client avec des solutions inattendues.»

Pour l'été 2013, M. Hodgins prédit le retour des couleurs chaudes. «Avec la tendance des meubles de jardin plus épurés, le rouge apparaît dans les accessoires comme les parasols ou les coussins, ce qui ajoute une touche vibrante. Cela influence aussi le choix des végétaux, qui penchent vers les teintes de rouge et orange.»

Toutefois, un bon design ne se démode jamais, assure l'architecte paysagiste. «Peu importe le style, il va traverser le temps. Comme un bel arbre!»

Pour son chalet des années 60, à Frelighsburg (Cantons-de-l'Est), Myke Hodgins a conçu L'étang de la grenouille dorée, un des aménagements honorés au récent concours de l'Association des architectes paysagistes du Québec. «C'est mon jardin d'expérimentation, explique-t-il. Nous y testons des combinaisons de plantes, la rusticité de certaines espèces, de nouveaux matériaux, etc.»

Des frontières fondues

Ce jardin se caractérise par un effacement subtil des frontières entre l'espace aménagé et l'environnement naturel. Tout en ne s'imposant pas à la nature, il l'enrichit, notamment avec son bassin et sa chute, qui créent une animation contrastant avec l'aspect figé des conifères.

«Mon jardin me reconnecte aux rythmes de la nature, confie M. Hodgins. Chaque espèce y suit son cycle normal. Il ne nécessite pas un entretien rigoureux. Il emploie des matériaux naturels, comme le bois et la pierre.» Sur ce terrain de quatre acres, un acre et demi à deux acres ont fait l'objet d'un aménagement.

À l'origine, le terrain était très ombragé et M. Hodgins a coupé progressivement certains arbres. Il a ainsi ouvert des vues, créé des clairières et introduit des plantations plus diversifiées. Ici et là, une floraison blanche produit dans l'ombre des taches lumineuses. Des végétaux de grandes dimensions, tels que le pétasite, l'heracleum et le rodgersia, font contrepoids à la grandeur de la forêt.

Bassin et terrasse

Près de la maison, un nouveau bassin, aux formes rectangulaires et doté d'une petite cascade, propose un lieu de contemplation et réfléchit sa lumière scintillante dans la maison. Tout autour, une terrasse en ardoise naturelle permet de profiter de cet éden ouvert et lumineux. «Le soir, entre chien et loup, l'éclairage dans les arbres rend l'endroit féérique», relate M. Hodgins. Vers la forêt, des clairières ouvrent l'espace et invitent à la découverte.

«Entièrement biologique, ce jardin n'utilise pas de produit chimique, uniquement du compost maison et du compost de canard», certifie M. Hodgins. L'endroit attire les chevreuils et les dindons sauvages. Myke Hodgins et son compagnon, Éric Fleury, s'emploient à réintroduire des espèces nobles disparues avec l'activité agricole: noyers, marronniers indigènes, caryers, hêtres, etc.

La création de cet aménagement se poursuit encore, après 14 ans de processus continu. Puisqu'il a été largement effectué de la main des occupants, dans un esprit de récupération des matériaux et à partir de plants ramassés à gauche et à droite, il est très difficile de chiffrer son coût. «Je n'y ai pas mis plus de 500$ par année», soutient M. Hodgins.

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