Le 31 octobre 2012

Rubis et buisson des neiges

L'alternanthera «Little Ruby», toujours aussi belle en octobre.... (Photo: Pierre Gingras)

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L'alternanthera «Little Ruby», toujours aussi belle en octobre.

Photo: Pierre Gingras

(Montréal) Avant le remisage des outils de jardinage et le début de la longue période de dormance, je vous présente un court bilan de fin de saison.

Parmi les annuelles de mes platebandes, l'alternanthera «Little Ruby» m'a ravi par sa beauté et sa vigueur, qu'elle a conservées jusqu'à la toute fin. Figurant parmi les Exceptionnelles 2012, choix du public et des experts, elle mérite bien son titre. Son feuillage pourpré très foncé se marie bien avec des plantes aux coloris plus pâles, comme ici, cette touffe de vinaigrier «Tiger Eyes». Et le plus étonnant, c'est que la plante a poussé allègrement en dépit de la longue sécheresse et de l'arrosage limité. Installée en plein soleil et formant une touffe dense éclatante, «Little Ruby» a atteint autour de 30 cm de hauteur.

Par ailleurs, une curiosité portant le joli nom de «buisson des neiges» en anglais s'est retrouvée dans ma platebande cet été alors que la plante était en compétition au Jardin Daniel A. Seguin, de Saint-Hyacinthe, où se déroule le choix des Excetionnelles. Et comme elle s'est classée parmi les gagnantes de 2013, notez son nom car vous devriez la retrouver dans les jardineries la saison prochaine. Une plante vedette, assurément.

Breynia disticha «Roseo-picta» est une plante érigée d'environ 1 m dont les tiges sont rouge vif. Sa beauté et son originalité résident dans ses feuilles tachetées de rose et de rouge sur fond vert tendre, mais aussi de blanc comme des touches de neige poudreuse, d'où le nom de «snow bush» en anglais. Une plante toute en délicatesse et en fraîcheur. Originaire des îles du Pacifique, elle ne semble pas incommodée par les insectes. On peut la cultiver en pot ou en platebande. Reste à savoir si elle peut se conserver à l'intérieur durant l'hiver.

Histoire de lapin

Plusieurs lecteurs m'ont demandé si j'étais parvenu à éliminer le rusé lapin qui sévissait dans mon jardin et potager.

Hélas, la bête rôdait jusqu'à tout récemment aux alentours et elle s'est même... multipliée. Vers la mi-juillet, c'est finalement un lapin adulte et deux jeunes qui ont commencé leurs dégâts: phlox paniculés, liatris, rosiers (tiges et fleurs), azalées (tiges), laitues, aubergines et autres sont passés sous la dent des rongeurs. Ils ont même abîmé l'écorce de mon taxodium, le cyprès chauve, l'arbre le plus précieux de mon jardin que j'ai dû protéger avec un treillis métallique comme ce fut ensuite le cas du potager. Les répulsifs à lapin dont Super Chasseur et celui de la firme CIL n'ont pas donné de résultats probants. Dans la trappe, j'ai utilisé comme appât pomme, laitue et carotte, sans succès. On m'avait dit de vaporiser tout le piège avec du jus de pomme, mais je n'ai malheureusement pas suivi ce conseil. Cependant, les lapins semblent être disparus depuis la mi-septembre... depuis l'ouverture de la chasse. Je ne suis pas en cause même si le lapin à queue blanche est délicieux.

Des plantes inépuisables

Je vous ai parlé cet été de la corydale ou fausse fumeterre (Corydalis lutea) qui fleurit du printemps à l'automne. Eh bien, en dépit de l'été chaud et sec, mes plants ont sans cesse produit des fleurs, même ceux plantés en plein soleil. Et il y avait toujours des fleurs la semaine dernière. J'avais aussi mentionné qu'en Europe elle pousse dans les rocailles, entre les pierres et même dans la fente des murs. Or justement, en fin d'été, j'ai découvert deux plants dans un de mes murets pourtant situé à trois bons mètres d'un bosquet de corydales.

Mais ma vedette de la saison reste le pigamon «Splendide». Non seulement il a atteint près de 3 m au cours de l'été, mais il a produit des centaines sinon des milliers de petites inflorescences roses qui flottaient allègrement au vent. Le plus incroyable, c'est qu'il était lui aussi toujours en fleurs la semaine dernière. Splendide, il n'y a pas d'autre mot.

Splendides aussi sont mes berberis «Rose Glow», qui s'enflamment dans la fraîcheur d'octobre. Facile d'entretien, cet arbuste désormais très répandu reste parmi mes préférés. Il est beau en toute saison, même l'hiver, grâce à ses tiges et ses fruits rouges.

Le rouge des thuyas

La question survient chaque automne: les branches de mon thuya se mettent à rougir, que faire? Rassurez-vous: si la scène est parfois spectaculaire, le phénomène est normal. Les feuilles (ou aiguilles) secondaires ont terminé leur vie utile. Elles deviennent très orangées et sont ensuite délestées par l'arbre.

Deuxième floraison

Mes clématites «Joséphine» et «Multi Blue» ont donné une deuxième floraison en août, ce qui se produit parfois chez les variétés très hâtives. Mais il n'y a pas lieu de pavoiser. J'ai obtenu deux fleurs en tout, un petit bonheur bien apprécié.

Par contre, ma glycine, elle, a fleuri tout l'été, jusqu'au début de septembre. Il a suffi de couper l'extrémité des nouvelles tiges sur environ 30 cm pour que de nouvelles fleurs fassent leur apparition tout près du point de coupe. S'étendant sur une dizaine de mètres, mon plant a ainsi porté de 15 à 20 fleurs durant toute la saison.

Concombre jaune

Quel est le bilan du potager? Les tomates, autant les traditionnelles que les tomates cerises, ont été prolifiques grâce à un arrosage régulier. Échec presque complet avec les pois mange-tout de couleur jaune de même qu'avec les radis du printemps. Par contre, les laitues ont donné des résultats savoureux, en particulier la récolte de fin d'été qui perdurait encore le week-end dernier. D'autre part, plusieurs jardiniers ont connu des déboires en raison de la chrysomèle du concombre dont mon potager a heureusement été épargné. Nous avons récolté de beaux concombres dont cette nouvelle variété à chair jaune qui répond au nom de «Gold Standard». D'une longueur d'environ 20 cm, ils doivent être consommés à parfaite maturité. Trop tôt ou trop tard, ils sont presque immangeables.

Un théier miraculé

Mon plant de thé (Camelia sinensis) a résisté à deux hivers d'affilée avec une protection pour le moins sommaire, ce qui est en soi miraculeux. Mais au printemps dernier, le plant s'est dégarni et les feuilles sont disparues durant tout l'été. J'en avais fait mon deuil. Surprise, au début de septembre, deux belles pousses ont émergé de la base du plant. Qui sait si on ne boira pas du thé typiquement québécois un jour?

La dormance

Chers lecteurs, la chronique Jardiner fait relâche pour les prochains mois. Merci de votre intérêt et de votre collaboration. Vous pouvez toujours me faire parvenir vos courriels à pgingras@lapresse.ca.

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