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Le 06 décembre 2011
Innovations pour un triplex centenaire

Cure de rajeunissement pour un vieux logement: mur de vitre au fond du salon, fenêtres écoénergétiques, plancher de béton doté du chauffage radiant, pierre calcaire retaillée sur le manteau du foyer (au gaz) et brique d'argile décorative. Les luminaires au-dessus de la table recyclent des boîtiers de CD récupérés (Monde Ruelle), et le sofa est de fabrication écoresponsable (Luwiss).
Photo: Marco Campanozzi, La Presse
Deux fervents de l'environnement, Martin Bourque, maçon, et Yves Langevin, professeur de gestion au Collège Bois-de-Boulogne, associés dans Construction Cogito (rénovation de maçonnerie), ont acquis l'immeuble en copropriété et ont décidé de «lui offrir une cure de jouvence pour son centième anniversaire.» Avec le concours de l'architecte écologiste Rob Miners (MMA, studio d'architecture) et de l'ingénieur Charles Garand (Systèmes HCW), ils ont trouvé des solutions élégantes aux problèmes des vieux plex moribonds, qu'on veut ressusciter écologiques, sains, d'une belle finition contemporaine et en continuité avec leur cachet d'origine.
Première innovation: le système de chauffage et de climatisation, qui intègre trois sources d'énergie: des panneaux solaires thermiques sur le toit, un puits géothermique et l'air ambiant, tout ça grâce à la thermopompe HCW, décrite plus en détail dans l'article ci-dessous. Le système HCW a permis un puits géothermique plus petit -
450 pieds de profondeur au lieu de 750 -, ce qui en diminue le coût. La même thermopompe gère également la climatisation - par un radiateur d'eau froide sur lequel passe l'air neuf -, ajustable dans chaque pièce.
Les conduits pour l'apport d'air frais sont installés dans les plafonds, «ce qui est tout un défi dans une maison existante, car aucun espace n'a été prévu pour cela», explique Martin Bourque. «Mais le style du logement n'aurait pas survécu à des conduits apparents, comme on en voit dans les lofts. Nous tenions à les cacher dans le plafond.»
Qui dit conduits d'air dit possible propagation du feu... et là encore, il a fallu innover: des boîtes de gypse coupe-feu, munies d'un clapet, sont disposées à chaque entrée ou sortie d'air.
Mince! un toit vert
Cartier vert sera surmonté d'un toit vert mince (par Toits Vertige), une technologie allemande qui ne demande pas plus d'un pouce de terre. «Nous avons doublé les solives du toit pour que la structure puisse supporter une plus grande charge de neige, explique Yves Langevin, car le toit supérieurement isolé ne fera pas fondre cette dernière.
Ce renforcement suffit pour supporter un mince couvert végétal.»
Les murs extérieurs ont été bardés de «coeurs de portes» (pièces enlevées pour la fenêtre des portes: un pouce d'uréthane en sandwich entre deux feuilles d'acier), eux-mêmes recouverts d'une autre couche d'uréthane (1 1/2 à 2 pouces). Sur les murs mitoyens, avec poutres intégrées, on a giclé un pouce d'uréthane (isolant, insonorisant, pare-air et pare-vapeur).
Les planchers de béton procurent un isolant sonore, une masse thermique et une étanchéité parfaite.
Dans le salon, le foyer au gaz est entouré d'un manteau de pierre calcaire, récupérée du vieil escalier d'une école et retaillée par Cogito.
Les associés estiment que le triplex a coûté grosso modo deux fois plus cher à rénover qu'à acquérir.
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