Le 28 février 2013

Remplacer ou non sa chaudière à mazout?

Un ancien brûleur au mazout maintenant hors d'usage.... (Photo Patrick Sanfaçon, La Presse)

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Un ancien brûleur au mazout maintenant hors d'usage.

Photo Patrick Sanfaçon, La Presse

(Montréal) Le chauffage au mazout est cher et polluant, il est donc logique de vouloir en finir avec la vieille chaudière et son malodorant combustible. Plusieurs choix sensés s'offrent au propriétaire, y compris, si l'antique bouilloire est toujours fonctionnelle, la conserver pour les grands froids, en adoptant le mode biénergie.

La chaudière à l'huile, qui chauffe l'eau ensuite acheminée dans les radiateurs en fonte de chaque pièce, a pour avantages le confort du chauffage radiant et la rapidité de réchauffement de la maison. Ces bienfaits sont malheureusement souvent contrebalancés par des émanations nocives pour les occupants. Un technicien spécialisé doit régulièrement vérifier que l'échangeur d'air est sans fissure et la cheminée, en bon ordre. Important: si on se départit de la chaudière, on doit en récupérer le fioul et remettre le réservoir à un ferrailleur ou à un écocentre.

Pas écolo, sauf que...

Le mazout est une ressource non renouvelable, importée au Québec, et dont la combustion génère des gaz à effet de serre (CO2), en plus de nombreux polluants générateurs de smog. Proche du zéro de conduite, dirait-on! Mais curieusement, ce combustible reprend du galon écologique si on ne s'en sert qu'en période de grand froid, c'est-à-dire en mode biénergie. En ces périodes de grande demande, Hydro-Québec, qui fournit généralement de l'électricité «propre» en provenance des grands barrages, doit mettre à contribution ses centrales thermiques et importer de l'électricité des provinces et États voisins, toutes des sources moins vertes - charbon ou nucléaire. C'est alors que «chauffer au mazout, au Québec, en période de grand froid, allège l'empreinte environnementale», fait observer Emmanuel Cosgrove, directeur d'Écohabitation.

Chaudière électrique et biénergie

«Si la vieille bouilloire fonctionne toujours, la biénergie est un excellent choix, soutient Pascal Cabana, expert en bâtiment chez Legault-Dubois. On installe une chaudière électrique en série avec la chaudière au mazout, et cette dernière n'entre en action que lorsqu'il fait -12°C ou -15°C à l'extérieur.» Cette option, écoresponsable, permet en plus de profiter des bas tarifs d'Hydro-Québec appliqués aux systèmes biénergie. Pour chauffer d'aussi grands volumes d'eau, il faudra généralement changer l'entrée électrique de la maison pour une autre de plus grande intensité de courant. Pour une maison individuelle d'environ 1200 pi2, sur deux étages, avec une bouilloire de 20 kW dans le sous-sol, «le changement d'une chaudière au mazout pour une chaudière électrique coûtera de 4000$ à 4400$, installation comprise, en excluant l'entrée électrique de la maison, indique Pierre Milot, de Deschenes et fils, important grossiste. Alors qu'une conversion à la biénergie sera un peu moins chère, de 2900$ à 3000$.»

Plinthes électriques

Les plinthes électriques fonctionnent avec de l'énergie habituellement verte, mais Normand Roy, d'Équiterre, met en garde les propriétaires contre cette solution facile, qui s'est beaucoup pratiquée par le passé et qui entraîne souvent une perte de confort thermique. Installer pour 20 kW de plinthes électriques dans une maison individuelle coûte «environ 4000$ [400$ par plinthe], plus 1500$ pour la mise à niveau de l'entrée électrique», indique Francis Beaulieu, de FBE Électrique.

Gaz naturel

Chauffer au gaz naturel coûte grosso modo deux fois moins cher que chauffer au mazout. Le gaz naturel est une ressource non renouvelable, importée au Québec, de combustion propre mais qui dégage des gaz à effet de serre (CO2). «On peut s'inquiéter des facilités d'approvisionnement, à long terme», fait observer Normand Roy. Un préalable: le réseau gazier doit se rendre dans la rue. Si la maison n'est pas branchée, il faut prévoir 300$ pour le raccordement. Chez Gaz Metro, on annonce un nouveau «rabais vert» pour le mois de mars, d'une durée de deux ou trois mois, pour la conversion du mazout au gaz naturel. Le coût moyen, pour un appareil «à condensation et à haute efficacité énergétique», installé, reviendra alors, si on additionne différents rabais, à 6165$ au lieu de 9215$. Certains profitent du changement pour s'équiper d'autres appareils au gaz: cuisinière, chauffe-eau sans réservoir ou sécheuse. Chez Écohabitation, on souligne que les chaudières «à condensation», au mazout ou au gaz naturel, sont plus petites, plus efficaces et moins polluantes que les anciennes, bien que toujours productrices de gaz à effet de serre (elles coûtent entre 8000 à 13 000$).

Chaudière à granules

Les granules sont un combustible renouvelable, aussi efficace que le mazout, carboneutre et peu polluant, qui valorise les résidus de bois d'entreprises généralement locales. «Les granules sont de loin préférables au mazout, dit Emmanuel Cosgrove, pourvu que l'appareil ait un bon rendement», c'est-à-dire un bon rapport de combustion de la matière. La chaudière à granules se voyait jusqu'ici dans les bâtiments d'envergure, mais une version «maison individuelle», le Flexfuel, vient de faire son entrée sur le marché québécois. Fabriqué par une société américaine (Wood Master) à partir d'une technologie autrichienne (Solarfocus), le Flexfuel est certifié EPA. Comme il fonctionne aussi au bois, il n'est pas conforme à la réglementation montréalaise, qui permet les granules, mais pas le bois. «Il faut compter entre 8900$ et 10 000$ pour le Flexfuel installé, version petite [30 kW]», dit Martin Lambert, des entreprises Ecosolaris, qui assure que l'approvisionnement en granules se fait sans difficulté.

Radiateurs de fonte électrifiés

Une autre solution écologique consiste à convertir les calorifères de fonte en unités électriques, par l'entreprise Ecorad, qui les remplit d'un mélange antigel et pose un élément chauffant à l'intérieur. Le raccordement électrique se fait ensuite aussi simplement qu'avec des plinthes. «Pour une maison individuelle moyenne, disons avec 10 unités de 2 kW, on compte 5500$ pour la remise à neuf et l'électrification des radiateurs, indique Frédéric Bilodeau. Si on ajoute le travail de l'électricien, ça revient généralement à entre 8000$ et 9000$, au total.»

Estimez votre future facture d'énergie, avec l'un ou l'autre mode, au moyen du calculateur du site de l'ancienne Agence de l'efficacité énergétique du Québec: coutsenergie.aee.gouv.qc.ca

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