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Le 10 décembre 2012

Du frimas dans les combles...

Condensation et moisissure causées par l'évacuation d'un ventilateur... (Photo fournie par Pascal Cabana)

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Condensation et moisissure causées par l'évacuation d'un ventilateur de salle de bains dans les combles.

Photo fournie par Pascal Cabana

Les gouttes tombent du plafond, fâcheuse variation du supplice chinois. Est-ce à dire que le toit est percé? Pas nécessairement. C'est peut-être l'humidité qui se condense dans le grenier, une misère ô combien courante qui peut entraîner insalubrité et détérioration du bâtiment. Les remèdes se nomment étanchéité à l'air, ventilation, grande minutie... Mots d'experts et bonnes pratiques.

«Avant de faire refaire votre toit, dit l'ingénieur René Vincent, du Centre d'inspection et d'expertise en bâtiment du Québec, posez-vous la question: ça coule en hiver ou en été? Si la réponse est «en été», le toit est percé. Si ça coule en hiver, mais pas en été, vous avez un problème de condensation dans le vide sous toit.»

Pour qu'il y ait condensation, soutiennent les spécialistes, il faut deux conditions: la présence d'humidité et une différence de température. Le défi consiste à maintenir dans le comble des conditions de température et d'humidité qui s'approchent le plus possible des conditions extérieures.

Vilaines fuites d'air

«Quand je vois de la condensation dans les combles, je pense aussitôt à un manque d'étanchéité à l'air, affirme Pascal Cabana, expert en bâtiment chez Legault-Dubois. L'air de la maison, plus humide que l'air extérieur, s'échappe par des failles dans le système pare-air.» Les fuites les plus importantes? «Habituellement par les vides techniques, ces espaces qui contiennent les évents de plomberie ou les fils électriques, répond le spécialiste. Ils laissent l'air monter derrière les murs, jusqu'au toit, par effet de cheminée.» La solution? Sceller le passage à la hauteur du plafond. «On rapetisse l'ouverture avec des morceaux de polystyrène, puis on bouche les espaces restants avec de la mousse de polyuréthane», explique M. Cabana. Le même raisonnement vaut pour le vide entourant un conduit de cheminée, à la différence près qu'on se garde absolument de le colmater soi-même. «On doit faire appel à un spécialiste des appareils de combustion», souligne M. Cabana.

Ces images montrent deux photos de la même... (Photo fournie par Thermographie GG) - image 2.0

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Ces images montrent deux photos de la même installation, celle du haut obtenue par une caméra thermographique et celle du bas par une caméra ordinaire. La bande rouge indique la chaleur plus élevée du tuyau, à son sommet.

Photo fournie par Thermographie GG

La perte de chaleur vient d'un joint mal... (Photo fournie par Thermographie GG) - image 2.1

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La perte de chaleur vient d'un joint mal fermé de la laine isolante qui enrobe le tuyau, sous sa gaine de plastique. «Il aurait fallu poser un ruban d'étanchéisation sur le joint», explique Guy Gauthier, de Thermographie GG.

Photo fournie par Thermographie GG

Ventilation

Même si l'étanchéité est excellente, un excès d'humidité ou de chaleur se faufile souvent dans le comble, d'où la nécessité d'une bonne ventilation. En été, la ventilation procure un comble plus frais, donc une maison plus confortable et des économies en climatisation. En hiver, elle chasse l'excès d'humidité.

Pour ventiler, on installe un ou des ventilateurs statiques (de type Maximum), qui aspirent l'air, sous l'effet du vent. On les pose dans la partie haute du toit et on les accompagne d'entrées d'air dans la partie basse, par exemple des soffites sous les débords de toit. «Parfois, dit René Vincent, les propriétaires de vieilles maisons posent des soffites parce qu'ils trouvent ça joli, mais ils ne dégagent pas la grille! Alors l'air n'entre pas.»

Barrages de glace

Les barrages de glace sont un symptôme de perte de chaleur dans le grenier, chaleur qui fait fondre la neige sur le toit. L'eau s'écoule pour geler plus bas, près du débord et dans la gouttière, puis elle refoule sous les bardeaux, s'insinue dans les combles, puis dans la maison. Le remède? «Trouver les trous qui permettent à l'air chaud d'entrer dans le comble, et les colmater», répond Pascal Cabana.

Conduits d'air

Dans les années 60, certaines maisons ont été construites avec un système de chauffage à air pulsé dans les combles. Un exemple typique, malheureusement, de ce qu'il ne faut pas faire! «Cela génère un risque élevé de perte de chaleur et de fuites d'air humide, dit Pascal Cabana. L'étanchéité à l'air est très difficile à réaliser, à cause des jonctions des tuyaux et des nombreux trous dans le plafond. La fraîcheur du grenier peut également causer de la condensation et un développement de moisissures à l'intérieur des tuyaux. Enfin, à cause de sa température, froide en hiver et chaude en été, le grenier diminue la performance de la thermopompe.»

M. Cabana avance une solution: enduire le tuyau de mousse de polyuréthane, par-dessus la laine isolante qui l'enrobe déjà, ce qui procurera une étanchéisation parfaite. «Il faut gicler la mousse jusqu'à toucher le gypse sous le tuyau, partout où il passe, précise-t-il. Cela peut coûter entre 2000$ et 5000$. Selon les cas, on peut aussi conseiller de dégarnir le tuyau et de recommencer méticuleusement le travail d'étanchéisation et d'isolation.»

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